L'aven du Caladaïre

COMMUNE : Montsalier (04)
X : 861,710 Y : 198,02 Z : 885
CARTE : Banon 3241 Est
PROFONDEUR 667 m
SITUATION
De Revest du Bion, emprunter la D 950 en direction de Banon. Au bout de 7,6 km (juste après la borne kilométrique n° 14), prendre la petite route goudronnée sur la droite et la suivre sur 3 km. 250 m après être passé devant « le Jas » (ferme sur la droite), quitter le goudron et prendre la piste de gauche. Parcourir 1,4 km puis prendre à droite pour arriver 300 m plus loin à la ferme de l'Obœuf, propriété sur laquelle s'ouvre le gouffre.

Autant que possible, faire une petite halte, le temps de saluer l'hôte des lieux et lui faire part de votre désir (la moindre des politesses, surtout si l'on arrive nombreux... et pour plusieurs jours !). Ce devoir accompli, contourner la bâtisse par la gauche en suivant la piste la plus évidente. Laisser les véhicules au bout de 500 m, à l'amorce d'une descente assez raide. L'orifice se trouve dans le bois, 200 m plus à l'Est.
Nota. - De l'endroit où l'on quitte la D 950 jusqu'à l'ancien transformateur électrique qui précède l'arrivée à la ferme de l'Obœuf, on pourra se repérer grâce à un balisage de couleur orange.

EXPLORATION

  • Première reconnaissance le 21 mai 1944 par MARTY et SERVEL.
  • En 1946 : le clan E. de F. d'Apt, sous la direction de MARTY, reconnaît la cavité jusqu'à - 220 m.
  • En 1947 : les mêmes éléments associés aux Avignonnais atteignent la cote - 313 m.
  • En 1948 : la cote - 470 m est atteinte (E. de F., S.S.A.).
  • En 1964 : la S.S.A. et la S.S. de Fontaine-de-Vaucluse reprennent le trou, et découvrent la suite.
  • En 1966 : l'actuel fond est atteint 667 m. Une coloration est faite cette même année, mettant ainsi en évidence l'appartenance du gouffre du Caladaire au bassin d'alimentation de la Fontaine-de-Vaucluse.

Depuis, différents groupes ont travaillé dans ce gouffre, en y effectuant notamment des escalades.

DESCRIPTION
L'aven débute par un beau puits de 65 m, donnant dans une salle de belles dimensions. Un petit ressaut de 6 m donne accès au P 95. La descente de celui-ci constitue l'un des moments privilégié de l'exploration de ce gouffre. C'est sans doute le plus beau puits de toute la région. Une série de petits puits conduit à la salle-à-manger (puits arrosé). Une autre série de puits amène après une remontée à la salle du camp. Celle-ci se continue par une galerie argileuse entrecoupée de puits (la présence de l'argile pose d'ailleurs de gros problèmes lors de la remontée aux bloqueurs).

Une série de puits conduit au sommet du P 122. Le ruisseau qui s'y Jette peut atteindre un débit important par temps de pluie. Le haut de ce puits est très délité et ses parois sont incrustées de rognons de silex. Un puits contre une trémie fait suite au P 122, et une succession de puits et de méandres permettent d'atteindre le fond du gouffre (base du puits occupée par un éboulis).

GÉOLOGIE
L'aven du Caladaire s'ouvre contre l'anticlinal du petit plateau de la ferme de l'Obœuf, au quartier des Calades, à 885 m d'altitude environ.

D'après sa situation très étroite avec le champ de fracture de Banon, il semblerait que l'aven du Caladaire se soit formé en grande partie au Tortonien, c'est-à-dire dès la fin du Miocène, il y a environ quinze millions d'années, alors que le plissement alpin était terminé.

Du fait de cette situation, cet aven présente donc quelques intérêts du point de vue géologique et paléontologique.

L'aven du Caladaire se trouve constitué jusqu'à la cote - 430 m environ, par deux importantes diaclases, orientées dans le champ de fractures de Banon, c'est-à-dire légèrement Sud-Ouest/Nord-Est. Ces deux diaclases se trouvent reliées entre elles par des séries de puits plus ou moins profonds permettant d'accéder aux différents niveaux de l'aven.

Ainsi, la diaclase à crans (- 166 m) est reliée par une série de trois puits puits en Dièdre (270 m), puits du Rognon (- 290 m), puits de la Lamentation 322 m) à la diaclase du niveau - 370 m, "la galerie d'Argile" (1).

C'est encore dans une diaclase que semble aboutir le puits de l'Amitié exploré en 1965 et 1966, puisqu'à la profondeur 600 m environ, s'ouvre sinueuse et profonde une diaclase appelée à présent méandre Barozzi.

C'est sur des calcaires à débris, avec des silex, à Orbitolines (Bédoulien) que s'ouvre la petite faille permettant de prendre accès dans les premiers puits.

(1) Cf. description géologique de la montagne de Lure - W. KILLIAN - p. 130

1 - Les assises bédouliennes reposent sur un niveau de polypiers assez constant, et l'on peut dire que cet horizon se situe approximativement au Caladaïre entre les niveaux - 67 m et - 80 m (la cote - 80 m étant bien entendu un terminus ad quo).

C'est ensuite dans la couche des calcaires barrémiens qui compte 60 m environ dans cette région, que se poursuit l'aven du Caladaire. A la cote - 408 m, on peut récolter et reconnaître une quantité assez importante de Néohibolites Semicanaliculatus Blain., déterminant un barrémien supérieur.

2 - Vers la cote - 450 m, au puits des Oursins, il apparaît que l'on pénètre dans du Barrémien inférieur, du fait de la récolte de fossiles caractéristiques que l'on peut faire dans ce puits. Ainsi, on peut reconnaître Heteraster oblongus d'Orb. (Beaucoup de spécimens récoltés ne peuvent être valablement déterminés, bien entendu, mais étant trouvés dans cet endroit ils ne peuvent constituer une faune différente), néanmoins on peut également récolter et reconnaître Belemnite Minimums Blain., ainsi qu'Ostrea aquila d'Orb., 0. Coniqua d'Orb., dont quelques spécimens ont pu être photographiés sur place, dans le méandre Barrozi , a 610 m.

REMARQUES :
L'exploration intégrale du gouffre est relativement « sportive ». Les deux grands puits sont véritablement des «morceaux de choix », le «95 » pour l'esthétique, le « 122 » pour l'ambiance.

Au chapitre des difficultés, il convientdle signaler quelques points particuliers :

  • les deux remontées de 10 m. 1'équipement placé en fixe doit inciter à la plus grande vigilance. On prévoira en toute circonstance de quoi le doubler et on veillera à son remplacement éventuel au moment du déséquipement.
  • la galerie d'argile. Loin d'être le cloaque habituellement dépeint, son franchissement peut néanmoins occasionner des situations fâcheuses au moment de la remontée. Celles-ci peuvent facilement être évitées en prenant deux précautions :
  • mouiller les cordes concernées
  • s'engager dans l'exploration avec un matériel personnel hors de tous soupçons!
  • l'eau. Dans le Caladaïre, le problème peut se résumer en une seule expression: ou trop ou trop peu ! Dans le premier cas, l'exploration s'achève au sommet du P 122 dans la contemplation de la cascade happée par le vide. Dans le second, beaucoup plus fréquent, il arrive que la cavité soit complètement sèche jusqu'à - 450 m. Quelques gourdes d'eau peuvent alors être fortement appréciées (voire indispensables).


De l'orifice à -450 m, les points d'amarrage sont nombreux et évidents à trouver. Bien que correct, l'équipement du P 122 s'avère problématique. En revanche, celui des puits terminaux, quand il existe, ne répond à aucun critère de sécurité !

Du fait des nombreuses possibilités d'équipement, il est indispensable de prévoir un supplément en plaquettes et petites longueurs de corde.

 Fiche d'équipement : fiche d\'équipement caladaïre.xls

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